Le 11 Mars

Publié le 10 Mars 2016

Évangile de Jésus Christ selon

saint Jean 7,1-2.10.14.25-30.


En ce temps-là, Jésus parcourait la Galilée : il ne voulait pas parcourir la Judée car les Juifs cherchaient à le tuer.
La fête juive des Tentes était proche.
Lorsque ses frères furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret.
On était déjà au milieu de la semaine de la fête quand Jésus monta au Temple ; et là il enseignait.
Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N’est-ce pas celui qu’on cherche à tuer ?
Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu que c’est lui le Christ ?
Mais lui, nous savons d’où il est. Or, le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est. »
Jésus, qui enseignait dans le Temple, s’écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d’où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé, lui que vous ne connaissez pas.
Moi, je le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. »
On cherchait à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue.

Commentaire du jour


Jean Tauler (v. 1300-1361), dominicain à Strasbourg
Sermon 12, pour le mardi avant les Rameaux (trad. Cerf 1991, p. 44 rev.)

« Jésus monta à la fête lui aussi..., mais en secret »

Jésus disait : « Mon temps n'est pas encore venu, tandis que le vôtre est toujours prêt... Vous, montez à la fête ; moi, je ne monte pas à cette fête, parce que mon temps n'est pas encore accompli » (Jn 7,6-8). Qu'est-ce donc que cette fête à laquelle notre Seigneur nous dit de monter et dont le temps est à tout instant ? La fête la plus élevée et la plus vraie, la fête suprême, est la fête de la vie éternelle, c'est-à-dire la félicité éternelle où nous serons vraiment face à face avec Dieu. Cela, nous ne pouvons pas l'avoir ici-bas, mais la fête que nous pouvons avoir, c'est un avant-goût de celle-là, une expérience de la présence de Dieu dans l'esprit par la jouissance intérieure que nous en donne un sentiment tout intime. Le temps qui est toujours nôtre, c'est celui de chercher Dieu et de poursuivre le sentiment de sa présence dans toutes nos œuvres, notre vie, notre vouloir et notre amour. C'est ainsi que nous devons nous élever au-dessus de nous-mêmes et de tout ce qui n'est pas Dieu, ne voulant et n'aimant que lui seul, en toute pureté, et rien autre chose. Ce temps est de tous les instants.

Ce vrai temps de fête de la vie éternelle, tout le monde le désire, d'un désir de nature, car tous les hommes veulent naturellement être heureux. Mais désirer ne suffit pas. C'est pour lui-même que nous devons poursuivre Dieu et le chercher lui-même. L'avant-goût du vrai et grand jour de fête, beaucoup de gens aimeraient bien l'avoir et ils se plaignent qu'il ne leur est pas donné. Quand dans la prière ils ne font pas l'expérience, au fond d'eux-mêmes, d'un jour de fête et ne sentent pas la présence de Dieu, cela les chagrine. Ils prient d'autant moins et le font avec mauvaise humeur, disant qu'ils ne sentent pas Dieu et que c'est pour cela que l'action et la prière les contrarient. Voilà ce que l'homme ne doit jamais faire. Nous ne devons jamais faire aucune œuvre avec un zèle refroidi, car Dieu est toujours là présent, et même si nous ne le sentons pas, il est cependant entré secrètement pour la fête.

English

Gospel Reading: John 7:1-2, 10, 25-30

1 After this Jesus went about in Galilee; he would not go about in Judea, because the Jews sought to kill him. 2 Now the Jews' feast of Tabernacles was at hand. 10 But after his brothers had gone up to the feast, then he also went up, not publicly but in private. 25 Some of the people of Jerusalem therefore said, "Is not this the man whom they seek to kill? 26 And here he is, speaking openly, and they say nothing to him! Can it be that the authorities really know that this is the Christ? 27 Yet we know where this man comes from; and when the Christ appears, no one will know where he comes from." 28 So Jesus proclaimed, as he taught in the temple, "You know me, and you know where I come from? But I have not come of my own accord; he who sent me is true, and him you do not know. 29 I know him, for I come from him, and he sent me." 30 So they sought to arrest him; but no one laid hands on him, because his hour had not yet come.

Commentary of the day


John Tauler (c.1300-1361), Dominican
Sermon 12, for the Tuesday before Palm Sunday

"Jesus himself also went up... but ... in secret"

Jesus said: “My time is not yet here, but the time is always right for you... You go up to the feast. I am not going up to this feast because my time has not yet been fulfilled” (Jn 7,6-8). Now what is this feast to which our Lord tells us to go up and whose time is always ready? The highest, truest feast, the supreme feast, is the feast of eternal life, which is to say the everlasting happiness where we shall always be face to face indeed with God. This we cannot have here below; but the feast that we can have is that of a foretaste of the one there: an experience in spirit of God's presence through an interior rejoicing, giving us a secret intimation of it. The time that is always ours is that of seeking God and pursuing this sense of his presence in all our works, life, willing and loving. This is how we are to rise up above ourselves and all that is not God, in all purity wanting and loving him alone and nothing else. This time is ready at every moment.

This truly festal season of eternal life is what every person desires with a natural desire since everyone naturally wants to be happy. But desire alone is not enough. We should seek after God for himself alone and search for him for his own sake. Many would dearly love to have a foretaste of that true and great feast day and they are miserable because it isn't granted them. When they don't have the experience of a feast day within themselves when they pray and don't feel God's presence, this disappoints them. They pray even less and do so with bad grace, saying that they don't feel God and that it is for this reason that action and prayer upset them. Now this is what someone should never do. We should never carry out any work with a zeal turned cold, for God is always present there, and even if we don't feel him yet he has always entered secretly for the feast.

Rédigé par JOHNBOSCO

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