Le 12 Février

Publié le 11 Février 2016

Évangile de Jésus Christ selon

saint Matthieu 9,14-15.


En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »
Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront.

Commentaire du jour


Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
Sermon 1 pour le premier jour du carême,1,3,6 (trad Brésard, 2000 ans B, p. 84)

« Alors ils jeûneront »

Pourquoi le jeûne du Christ ne serait-il pas commun à tous les chrétiens ? Pourquoi les membres ne suivraient-ils pas leur Tête ? (Col 1,18). Si nous avons reçu les biens de cette Tête, n'en supporterions-nous pas les maux ? Voulons-nous rejeter sa tristesse et communier à ses joies ? S'il en est ainsi, nous nous montrons indignes de faire corps avec cette Tête. Car tout ce qu'il a souffert, c'est pour nous. Si nous répugnons à collaborer à l'œuvre de notre salut, en quoi nous montrerons-nous ses aides ? Jeûner avec le Christ est peu de chose pour celui qui doit s'asseoir avec lui à la table du Père. Heureux le membre qui aura adhéré en tout à cette Tête et l'aura suivie partout où elle ira (Ap 14,4). Autrement, s'il venait à en être coupé et séparé, il sera forcément privé aussitôt du souffle de vie...

Pour moi, adhérer complètement à toi est un bien, ô Tête glorieuse et bénie dans les siècles, sur laquelle les anges aussi se penchent avec convoitise (1P 1,12). Je te suivrai partout où tu iras. Si tu passes par le feu, je ne me séparerai pas de toi, et ne craindrai aucun mal, car tu es avec moi (Ps 22,4). Tu portes mes douleurs et tu souffres pour moi. Toi, le premier, tu es passé par l'étroit passage de la souffrance pour offrir une large entrée aux membres qui te suivent. Qui nous séparera de l'amour du Christ ? (Rm 8,35)... Cet amour est le parfum qui descend de la Tête sur la barbe, qui descend aussi sur l'encolure du vêtement, pour en oindre jusqu'au plus petit fil (Ps 132,2). Dans la Tête se trouve la plénitude des grâces, et d'elle nous la recevons tous. Dans la Tête est toute la miséricorde, dans la Tête le débordement des parfums spirituels, comme il est écrit : « Dieu t'a oint d'une huile de joie » (Ps 44,8)...

Et nous, qu'est-ce que l'évangile nous demande en ce début du carême ? « Toi, dit-il, quand tu jeûnes, oins de parfum ta tête » (Mt 16,17). Admirable condescendance ! L'Esprit du Seigneur est sur lui, il en a été oint (Lc 4,18), et pourtant, pour évangéliser les pauvres, il leur dit : « Oins de parfum ta tête ».

In English

Gospel Reading: Matthew 9:14-15

14 Then the disciples of John came to him, saying, "Why do we and the Pharisees fast, but your disciples do not fast?" 15 And Jesus said to them, "Can the wedding guests mourn as long as the bridegroom is with them? The days will come, when the bridegroom is taken away from them, and then they will fast.

Commentary of the day


Saint Bernard (1091-1153), Cistercian monk and doctor of the Church
Sermon 1 for the first day of Lent, 1,3,6

"Then they will fast"

Why should Christ’s fast not be common to all christians ? Why should the members not follow their Head? (Col 1:18). If we have received good things from this Head, should we not bear with the bad? Do we want to reject his sorrow but share in his joys? If that is how it is then we show ourselves unworthy of being one body with this Head. For everything he has suffered has been for our sakes. If we refuse to participate in the work of our salvation, in what are we showing ourselves to be his helpers? Fasting with Christ is little enough for one who is to sit with him at his Father’s table. Happy the member who will have held fast to this Head in everything and followed it wherever it goes (Rv 14:4). If not, if it chanced to be cut off and separated, it will necessarily be at once deprived of the breath of life…

Where I am concerned, to hold completely fast to you is a blessing, O glorious Head, blessed throughout the ages, over which even the angels bend with longing (1Pt 1:12). I will follow you wherever you go. If you pass through the fire I will not leave you, and I will fear no evil for you are with me (Ps 22[23]:4). You carry my sorrows and suffer for my sake. You, the first, have passed through the narrow passage of suffering that you might offer a wide entry to the members who follow you. Who will separate us from the love of Christ? (Rm 8:35)… This love is the precious ointment that runs down from the Head over the beard, that runs down, too, upon the collar of the robe to anoint its least thread (Ps 132[133]:2). It is in the Head that the plenitude of all graces are to be found and from it we receive all things. In the Head is all mercy, in the Head the overflowing of spiritual perfumes, as it is written: “God has anointed you with the oil of joy” (Ps 44[45]:8)…

And what about us? What does the gospel ask of us at this beginning of Lent? “When you fast,” he says, “anoint your head” (Mt 6:17). What wonderful condescension! The Spirit of the Lord is upon him, he has been anointed with him (Lk 4:18), and yet, in order to preach the gospel to the poor he says to them: “Anoint your head”.

Rédigé par JOHNBOSCO

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