Le 21 Decembre

Publié le 20 Décembre 2015

Évangile de Jésus Christ selon

saint Luc 1,39-45.


En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Le message


Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
Sermon pour l'octave de l'Assomption, Sur les douze prérogatives de Marie

« Heureuse, celle qui a cru »

Marie est bienheureuse, comme sa cousine Elisabeth le lui a dit, non seulement parce que Dieu l'a regardée, mais parce qu'elle a cru. Sa foi est le plus beau fruit de la bonté divine. Mais il a fallu l'art ineffable du Saint Esprit survenant en elle pour qu'une telle grandeur d'âme s'unisse à une telle humilité, dans le secret de son cœur virginal. L'humilité et la grandeur d'âme de Marie, comme sa virginité et sa fécondité, sont pareilles à deux étoiles qui s'éclairent mutuellement, car en Marie la profondeur de l'humilité ne nuit en rien à la générosité d'âme et réciproquement. Alors que Marie se jugeait si humblement elle-même, elle n'en a été pas moins généreuse dans sa foi en la promesse qui lui était faite par l'ange. Elle qui se regardait uniquement comme une pauvre petite servante, elle n'a nullement douté qu'elle soit appelée à ce mystère incompréhensible, à cette union prodigieuse, à ce secret insondable. Et elle a cru tout de suite qu'elle allait vraiment devenir la mère de Dieu-fait-homme.



C'est la grâce de Dieu qui produit cette merveille dans le cœur des élus ; l'humilité ne les rend pas craintifs et timorés, pas plus que la générosité de leur âme ne les rend orgueilleux. Au contraire, chez les saints, ces deux vertus se renforcent l'une l'autre. La grandeur d'âme non seulement n'ouvre la porte à aucun orgueil, mais c'est elle surtout qui fait pénétrer plus avant dans le mystère de l'humilité. En effet, les plus généreux au service de Dieu sont aussi les plus pénétrés de la crainte du Seigneur et les plus reconnaissants pour les dons reçus. Réciproquement, quand l'humilité est en jeu, aucune lâcheté ne se glisse dans l'âme. Moins une personne a coutume de présumer de ses propres forces, même dans les plus petites choses, plus elle se confie dans la puissance de Dieu, même dans les plus grandes.

Un commentaire intéressant encore

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église
Homélie attribuée (trad. Solesmes, Lectionnaire, t. 3, p. 1039 rev.)

« L'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi »

Quel mystère nouveau et admirable ! Jean ne naît pas encore et déjà il parle par ses tressaillements ; il ne paraît pas encore et déjà il profère des avertissements ; il ne peut pas encore crier et déjà il se fait entendre par des actes ; il n'a pas encore commencé sa vie et déjà il prêche Dieu ; il ne voit pas encore la lumière et déjà il montre le soleil ; il n'est pas encore mis au monde et déjà il se hâte d'agir en précurseur. Le Seigneur est là : il ne peut pas se retenir, il ne supporte pas d'attendre les limites fixées par la nature, mais il s'efforce de rompre la prison du sein maternel et il cherche à faire connaître d'avance la venue du Sauveur. « Il est arrivé, dit-il, celui qui brise les liens. Et moi je reste enchaîné, je suis encore tenu à demeurer ici ? Le Verbe vient pour tout rétablir et moi, je reste encore captif ? Je sortirai, je courrai devant lui et je proclamerai à tous : Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. » (Jn 1,29)

Mais dis-nous, Jean, retenu encore dans l'obscurité du sein de ta mère, comment vois-tu et entends-tu ? Comment contemples-tu les choses divines ? Comment peux-tu tressaillir et exulter ? « Grand, dit-il, est le mystère qui s'accomplit, c'est un acte qui échappe à la compréhension de l'homme. A bon droit j'innove dans l'ordre naturel à cause de celui qui doit innover dans l'ordre surnaturel. Je vois, avant même de naître, car je vois en gestation le Soleil de justice (Ml 3,20). Je perçois par l'ouïe, car en venant au monde je suis la voix qui précède le grand Verbe. Je crie, car je contemple, revêtu de sa chair, le Fils unique du Père. J'exulte, car je vois le Créateur de l'univers recevoir la forme humaine. Je bondis, car je pense que le Rédempteur du monde a pris corps. Je suis le précurseur de son avènement et je devance votre témoignage par le mien. »

In English

Scripture: Luke 1:26-38 (alternate reading: Luke 1:39-39-44)

26 In the sixth month the angel Gabriel was sent from God to a city of Galilee named Nazareth, 27 to a virgin betrothed to a man whose name was Joseph, of the house of David; and the virgin's name was Mary. 28 And he came to her and said, "Hail, O favored one, the Lord is with you!" 29 But she was greatly troubled at the saying, and considered in her mind what sort of greeting this might be. 30 And the angel said to her, "Do not be afraid, Mary, for you have found favor with God. 31 And behold, you will conceive in your womb and bear a son, and you shall call his name Jesus. 32 He will be great, and will be called the Son of the Most High; and the Lord God will give to him the throne of his father David, 33 and he will reign over the house of Jacob for ever; and of his kingdom there will be no end." 34 And Mary said to the angel, "How shall this be, since I have no husband?" 35 And the angel said to her, "The Holy Spirit will come upon you, and the power of the Most High will overshadow you; therefore the child to be born will be called holy, the Son of God. 36 And behold, your kinswoman Elizabeth in her old age has also conceived a son; and this is the sixth month with her who was called barren. 37 For with God nothing will be impossible."38 And Mary said, "Behold, I am the handmaid of the Lord; let it be to me according to your word." And the angel departed from her.

The message

Saint Bernard (1091-1153), Cistercian monk and doctor of the Church
Sermon for the Octave of the Assumption, On the twelve prerogatives of Mary

“Blessed is she who has believed”

Mary is blessed, as her cousin Elizabeth has said to her, not simply because God has looked on her, but because she believed. Her faith is the most beautiful of the fruits of divine goodness. But it required the inexpressible art of the Holy Spirit to take place in her if such greatness of soul was to be united to such humility in the intimacy of her virginal heart. Mary’s humility and greatness of soul, like her virginity and fruitfulness, are like two stars shining on each other. For, in Mary, the depth of her humility does not in the least retract from the generosity of her soul, and vice versa. Even though Mary had so lowly an estimate of herself, she was no less generous in her faith in the promise made her by the angel because of it. She, who looked upon herself entirely as a poor and insignificant servant, in no way doubted herself to be called to this incomprehensible mystery, this tremendous union, this unfathomable secret. And she believed instantly that she was truly about to become the mother of God-made-man.

It is God’s grace that produces this marvel in the hearts of the elect; humility does not make them fearful and timorous any more than their generosity of soul makes them proud. To the contrary, where the saints are concerned, these two virtues reinforce one another. Greatness of soul not only does not open the door to any pride, but it is this above all that allows it to penetrate the mystery of humility even further. Indeed, those who are the most generous in their service of God are also the most penetrated by the fear of the Lord and the most grateful for the gifts they have received. Similarly, when it is a question of humility, no trace of cowardice insinuates into the soul. The less someone is accustomed to presume on his own strength, even in the smallest things, the more he entrusts himself to the power of God, even in the greatest.

One more commentary

Saint John Chrysostom (c.345-407), priest at Antioch then Bishop of Constantinople, Doctor of the Church
A Homily attributed to,

"The infant in my womb leaped for joy"

O what a novel and wonderful mystery! John has not yet been born but already he gives voice with his bounds; he has not yet appeared but already he manifests signs of his presence; he cannot yet cry and already he is heard through what he does; as yet he has not begun his life and already he is preaching about God; he does not yet see the light and is already pointing to the sun; he has not yet been brought forth and already he hastens to act as forerunner. The Lord is there! John cannot restrain himself; he is not going to be restricted by the limitations set by nature but strives to break out of the prison of his mother's womb and make known beforehand the Savior's coming. “He who breaks our bonds has come,” he says. “and am I to remain shackled? Am I still bound to remain here? The Word comes to re-establish all things and am I still to remain captive? I will come out and run ahead of him and announce to all: Behold, the Lamb of God who takes away the sin of the world” (Jn 1,29).

But tell us, John, held fast as you are in the darkness of your mother's womb, how is it that you see and hear? How can you behold divine things? How can you be leaping and rejoicing? “The mystery that is taking place is great indeed,” he says. “It is something beyond human understanding. It is with good reason that I am doing something new in the natural order on behalf of him who is to do something new in the supernatural order. I see even before my birth because I see the Sun of Justice gestating (Mal 3,20). I perceive by ear because, in coming into the world, I myself am the voice that goes before the great Word. I cry out because I behold the only Son of the Father clothed in his flesh. I rejoice because I see the world's Creator receive human form. I leap for joy when I think that the Redeemer of the world has taken a human body. I am the forerunner of his coming and precede your testimony with my own.

Rédigé par JOHNBOSCO

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